Texte n.1
D’après le film Sponde – Rives – , 2015, d’ Irene Dionisio.
Lampedusa beaucoup sous les croix de bois les vagues terrains avec des numéros parfois des vases Vincenzo s’en occupe des morts à l’horizon fermé l’Italie dans les yeux bruits sous l’eau sourds on arrache autour la mauvaise herbe au cimetière on soigne de l’autre côté de la rive les objets collectionnés refoulement d’une idée d’arrivée fusion avec le feu mouvement la fausse joie de l’éternel élan dans les plis liquides sous l’action du vent les éléments dans ce jardin de Tunisie : ce qu’il reste de chaussures les lacets compris plus de liens le musée des bouteilles/sandales en plastique vivantes comme une promenade au bord de la mer visions noyées loin le tracé du bateau l’écume blanche c’est une couverture les prières en arabe se perdent et se retrouvent sur le mur rouge d’un feu général d’artifice pour un avenir de démocratie et de paix. Pas des corps. Pour la vue des corps. Par la suite beaucoup de vivants chercheront des abris souterrains.
Texte.2
TOUS CES GESTES IMPERCEPTIBLES AU DÉBUT MAIS QUI INDIQUAIENT UN DÉSIR DE COUPES DANS LE MOUVEMENT DU FLUX.
SUIVAIENT DE PETITS CHOCS FUYANT DE DESSOUS LE SOL,
PRENDRE LA BALLE AU BOND SOUS CES CHOCS ET LA VOIR VAGUEMENT EN DES IMPRESSIONS
À LA SURFACE DE L’ŒIL JOUANT DE SES REFLETS.
CE QU’ON AVAIT FAIT.
(À JEUN AUSSI BIEN.)
DANS LE TERREAU AUSSI BIEN : À L’ÉCOUTE D’ANCIENS SÉDIMENTS MALGRÉ LA RAPIDITÉ DE L’ACCUMULATION : UNE FUITE LENTE ET POSÉE
(AVEC FRACAS) ENVERS ET CONTRE LE TOUT DÉVALÉ DES VANNES.
TROMPES DE CHASSES DÉJOUÉES À REBOURS DE L’APPEL DES NOYAUX DURS AFFLUAIENT GRUMEAUX DE DESSINS NOS CORPS EN ARRÊT NOS CORPS CIRCULÉ DANS UN SILENCE DE DÉSERTION ASSOURDISSANT.
Sandrine Cuzzucoli
Revue Pli, numéro 08, 2017