Au-dehors

des humanolisses glissent et broutent la pelouse pendant la pause déjeuner.
ils ascenseurisent en troupeau terne et se merguezent et se moquettent grise frites froides.
rapidement leurs cerveaux glacés se creusent par habitude ou se pizza grillent.
d’autres bureautent seuls leur sandwich parcellisés dans un coin.

un suicidinformaticien s’agrippe à une table.
il tente vainement de tapoter son clavier xanaxé intranquille.
une fois sa directrice le conduisit au sous-sol.
elle appela le samu plutôt que les pompiers de la boite pour ne pas que cela soit consigné dans le rapport.
ça évite les ennuis.

ici tu peux crever tandis que certains rient de ta lente dégénérescence et de ton mal-être.

jungle de câbles et de fils électriques.
drh détruit la race humaine des êtres devenus des déchets à gestes figés.
elle transcrit. toute méthodique.
elle endort et pique chacun des insectes de sa collection.
ses yeux bleus ressources ouvrent pleurs et tripes lors des entretiens.
elle tue de sang-froid. elle ment. elle isole. elle meurtrit jusqu’aux restes.
elle trie. elle prise de rendez-vous. elle insipide cette insensée.

communiquez les tous
flingués dans la tour
vitalité en berne

l’un après l’autre à la benne passés au broyeur en sueur atomisés têtes
défaites dézinguées
tout est à refaire

les corps et les cervelles détériorés en charpie
les malades les détruits les écrasés nous n’oublions pas

fuir déserter résister
écrire contre sans cesse

ils ont les flingues
ils ont les lois
nous quelques mots des tumultes et des rivières et des forêts
et des amis qui nous entourent

nous ne laisserons rien passer
quand à toi
joie de vivre notre adorée
patiemment
nous te réapprenons.

Lesala Riaput
Revue Pli, numéro 02, 2014

Pli n°2
Écrit
Lesala Riaput